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Les prénoms ont ils une mémoire ?

  • Photo du rédacteur: Betty Tutrice
    Betty Tutrice
  • il y a 6 jours
  • 3 min de lecture

Il s’appelle Paul, comme son grand-père. Elle porte le prénom de sa tante décédée. Dans votre famille, les Marie se succèdent depuis quatre générations. Hasard ? Tradition ? Hommage ? Ou transmission invisible ?

En psychogénéalogie, les prénoms ne sont jamais anodins. Ils peuvent être porteurs de mémoire, de loyautés inconscientes et parfois même de missions silencieuses.

Alors… Les prénoms ont ils une mémoire ? Pourquoi la signification des prénoms est important pour comprendre l'histoire



Carnet et stylo – traces et mémoire
Histoire Transgénérationnelle

Nommer un enfant : le faire entrer dans le monde


 L’objectif premier du prénom est simple : désigner l’enfant pour le faire exister socialement et symboliquement.

Un enfant non nommé reste dans l’indifférenciation. Le prénom le distingue, le reconnaît, l’inscrit dans une lignée. En psychanalyse, être nommé, c’est :

  • Être reconnu comme sujet

  • Être séparé de la fusion maternelle

  • Être introduit dans le langage

  • Être inscrit dans une filiation

Le prénom est le premier signifiant de notre existence.


Écriture et papier – récit familial
Un prénom pour une histoire

Ce que dit la psychanalyse

Freud : le prénom et le désir parental

Sigmund Freud explique que l’enfant s’inscrit toujours dans le désir inconscient de ses parents. Le choix du prénom peut révéler :

  • Une projection

  • Un idéal

  • Une réparation

  • Une identification

L’enfant ne reçoit pas seulement un prénom. Il reçoit aussi l’imaginaire qui l’accompagne.

Lacan : le prénom et l’entrée dans le symbolique


Jacques Lacan va plus loin. Pour lui, le sujet naît dans le langage. Le prénom est ce premier signifiant qui représente l’enfant dans l’ordre symbolique. Nommer :

  • Sépare

  • Humanise

  • Structure

  • Inscrit dans la loi symbolique

Le célèbre concept du “Nom-du-Père” montre que le nom introduit l’enfant dans l’ordre social et l’éloigne de la fusion primitive car sans nomination, pas de sujet structuré.


La psychogénéalogie : Les prénoms ont ils une mémoire ?


La psychogénéalogie vient compléter cette lecture.

Elle observe que certains prénoms se répètent, traversent les générations, réapparaissent après des drames ou des deuils.


Le génosociogramme :

Le génosociogramme, arbre généalogique enrichi d’informations émotionnelles permet de repérer :

  • Les répétitions de prénoms

  • Les dates similaires

  • Les enfants de remplacement

  • Les figures familiales dominantes


Le prénom dans le génosiociogramme

Un prénom peut ainsi révéler :

  • Une loyauté inconsciente

  • Une tentative de réparation

  • Une mission implicite

  • Une place assignée


Le prénom et l’enfant de remplacement

Lorsqu’un enfant reçoit le prénom d’un frère ou d’une sœur décédé(e), il peut porter inconsciemment la charge de “remplacer”.

Cela peut générer :

  • Un sentiment de ne pas être pleinement soi

  • Une difficulté à se différencier

  • Une tristesse diffuse

Le prénom devient alors porteur d’une mémoire non intégrée.


Comment analyser un prénom ?


En psychogénéalogie évolutive®, plusieurs axes sont croisés :

  • L’étymologie

  • L’histoire familiale

  • La répétition transgénérationnelle

  • La langue des oiseaux (lecture symbolique phonétique)

Voici un tableau d’exemple pour illustrer cette démarche.⚠️ Il s’agit d’un support pédagogique non exhaustif. Chaque prénom doit être analysé dans son contexte familial réel.


Prénom

Étymologie (repère)

Langue des oiseaux (résonances possibles)

Claire

Latin clarus : “illustre, lumineux”.

“Clair” : mettre en lumière, rendre visible, éclaircir un non-dit.

Victor

Latin victor : “vainqueur”.

“Vie tord” / “victoire” : gagner contre l’adversité, redresser une histoire.

Sophie

Grec sophia : “sagesse”.

“Sauf… si” : prudence, intelligence de survie, apprendre à composer.

Nina

Diminutif (plusieurs origines possibles selon pays) ; parfois associé à “petite”.

“Ni… ni…” : entre-deux, loyautés partagées, difficulté à choisir une place.

Le prénom : entre amour et assignation


L'assignation

Le prénom permet l’existence symbolique…Mais il peut aussi assigner une place.

Porter le prénom , d’un parent admiré, d’un ancêtre héroïque, d’un enfant décédé, d’une figure familiale forte, peut soutenir l’identité… ou créer une pression invisible.


La question n’est pas seulement : “Que signifie mon prénom ?”

Mais plutôt : “Quelle place m’a-t-on donnée en me nommant ainsi ?”


Peut-on se réapproprier son prénom ? Oui.

Il ne s’agit pas nécessairement de le changer. Mais de comprendre :

  • L’intention parentale

  • La place symbolique

  • Les loyautés éventuelles


Devenir sujet

Devenir sujet, c’est se réapproprier le signifiant qui nous a été donné.

En psychogénéalogie évolutive®, nous aidons à passer : de la répétition inconscienteà la liberté consciente.

Et si votre prénom révélait aussi une ressource ?

Un prénom ne transmet pas seulement des blessures. Il peut aussi porter :

  • Une force

  • Une qualité

  • Un talent

  • Une mission

Guérir son arbre, ce n’est pas couper ses racines.C’est les comprendre pour en faire une énergie vivante.


Se former : passer du “sens” à la méthode

Si vous souhaitez devenir psychogénéalogiste, l’enjeu est d’articuler intuition et rigueur : génosociogramme, repérage des répétitions (dates, prénoms, places), écoute clinique, cadre, et éthique. Le prénom est une porte d’entrée, pas une conclusion.

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